L'est de l'Amérique du Nord constitue le royaume des aster et vraisemblablement leur berceau. On les retrouve dans tout le continent américain. Selon Marie Victorin, leur centre de dispersion serait l'Amérique du nord septentrionale. Toujours selon Marie Victorin, ce serait un genre en plein évolution, à cause des passages insensibles d'un espèce à l'autre et des fluctuations entre les espèces. De nouvelles espèces seraient en train de se former littéralement sous nos yeux.
L'aster, nom latin qui signifie étoile, est une plante vivace, très rarement annuelle, herbacée, généralement ramifiée, à feuilles alternes. Ses
inflorscences en capitules, qui ressemblent à des marguerites, renferment à la fois des fleurs tubuleuses et ligulés. L'aster peut être facilement confondu pour sa tige et son feuillage à la
Verge d'or (Solidago) et pour sa fleur à l'Erigeron canadensis ou au Boltania
asteroides.
Comme son nom l'indique, l'Aster cordifolius L. possède des feuilles vert foncés dentelées en forme de coeur à
la base, lancéolées a leur bout. Près des inflorescences, en haut des tiges, les feuilles sont plus petites, plus minces et nettement lancéolées. Elle peut atteindre 2 mètres. Elle se couvre au
milieu septembre ou au début d'octobre d'une multitude de petites inflorescence (1 à 1.5 cm) en capitules, jaune pâles, sur un réceptacle vert entouré d'un douzaines de sépales rose lavande. Ces
inflorescences sont réunies en grappes composées. Les fleurs jaunes (étamines et les pistils) tournent au rose puis au brun après la fécondation. Bien que la floraison totale dure une à deux
semaines, la période de floraison de chaque inflorescence est plus courte.
L'aster cordifolius a été le premier aster américain qui soit entré dans la littérature scientifique. Bien que nommé par Linné (1707-
1778), il a été la première fois décrit et dessiné par Jacques-Philippe Cornuti en 1635, sous le nom de Astericus latifolius automnales, dans son
livre Canadensium plantarum historia. Dans ce livre il décrit 100 espèces du Canada dalors. Des 43 espèces américaines décrites, 30 sont nouvelles.
Cornuti était un médecin de Paris qui n'est jamais allé en Amérique du Nord. Il a décrit ces plantes d'après nature. Il a vu une partie des plantes au jardin de la faculté de Médecine de Paris
dirigé alors par Jean et Vespasien Robin. Ces plantes auraient été amenées en France par Samuel de Champlain.
Malgré sa longue histoire l'Aster cordifolius L. est moins connue que ses cousines Novi-Anglii
et Novi-Belgii. Elle le devrait pourtant parce qu'elle est moins sujette au blanc que
ses cousines, et qu'elle a une des floraisons les plus tardives, celle-ci se produisant en milieu septembre et début octobre. Elle forme un beau nuage blanc lavande dans le jardin alors que la
plupart des fleurs sont depuis longtemps fanées. La couleur brune des fleurs fécondées interfére cependant avec la beauté nuageuse des fleurs épanouies. L'aster cordifolié a un feuillage plus
intéressant que la plupart des aster. Elle est aussi une des plus grande, pouvant s'élever jusqu'à cinq pieds, nécessitant un tuteurage à l'éclosion des fleurs. Elle attire beaucoup les abeilles.
Elle est de culture facile et semble s'accommoder de tous les sols, mais elle préfère les sols fertiles et bien drainés, avec suffisamment d'humidité en été.